Le projet de loi visant la relance et la décentralisation du logement adopté par le Sénat le 8 juillet, poursuit son parcours parlementaire.
Après son adoption par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale les 21 et 22 septembre, le texte sera examiné en séance publique les 16 au 20 novembre prochains.
Parmi les mesures envisagées, plusieurs assouplissements des exigences de décence énergétique visées par l’article 6 de la loi du 6 juillet 1989, afin de mieux tenir compte des difficultés pratiques rencontrées par les bailleurs sont proposés.
➡️ 1. Une clarification de l’application des exigences de décence énergétique aux baux en cours
Le projet de loi maintient le principe selon lequel les exigences de décence énergétique s’appliquent aux nouveaux contrats de location ainsi qu’aux baux renouvelés ou tacitement reconduits à compter de chacune des échéances légales (2025, 2028 et 2034).
Il introduit toutefois un délai butoir de 3 ans après chacune de ces échéances légales, au-delà duquel les nouvelles exigences énergétiques s’imposeraient aux baux en cours.
Cette disposition vise notamment à garantir l’application effective de ces règles aux contrats à durée déterminée non renouvelables, ni reconductibles (comme le bail mobilité) ou conclus pour une durée indéterminée, en particulier dans le parc social1.
➡️ 2. De nouvelles dérogations tenant compte des obstacles à la rénovation énergétique
Un logement pourrait être réputé conforme aux exigences de décence énergétique, malgré une performance inférieure au seuil légal, dans plusieurs situations :
Par ailleurs, le locataire qui ferait obstacle à la réalisation des travaux nécessaires ne pourrait se prévaloir du non-respect des exigences de décence énergétique.
➡️ 3. Un encadrement renforcé des pouvoirs du juge en cas de non-décence énergétique
L’article 20-1 de la loi du 6 juillet 1989 permet actuellement au juge en cas de non-décence du logement de réduire ou de suspendre le paiement du loyer jusqu’à l’exécution des travaux nécessaires à la mise en conformité du logement, sans limitation particulière.
Le projet de loi entend encadrer son pouvoir d’appréciation en prévoyant que la réduction ou la suspension du loyer devra tenir compte (i) des diligences accomplies par le bailleur et (ii) ne pourra excéder le coût supporté par le locataire du fait de la moindre performance énergétique du logement. Cette évolution pourrait ainsi limiter l’exposition financière des bailleurs en cas de contentieux tout en obligeant les locataires à évaluer et justifier le surcoût énergétique subi du fait de cette indécence.
🔎 En pratique : ces mesures témoignent d’une volonté de mieux concilier les objectifs de rénovation énergétique du parc locatif avec les contraintes techniques, administratives et collectives auxquelles sont confrontés les bailleurs, notamment en copropriété. Elles pourraient ainsi apporter davantage de sécurité juridique aux bailleurs tant dans la gestion locative que dans les contentieux relatifs à la décence énergétique.
⚠️ Ces dispositions ne sont pas encore définitives et demeurent susceptibles d’évoluer au cours des prochains débats parlementaires, notamment du 16 au 20 novembre prochain.